Client Debrief / Presentation (PNPT)
Le débrief client est la partie la plus négligée à la préparation, et la plus discriminante à l’examen PNPT. Tu as fait 5 jours d’exploitation et 2 jours de rapport, et c’est 15 minutes d’oral qui déterminent ton image professionnelle. Beaucoup de candidats techniques compétents échouent au débrief parce qu’ils ne savent pas vulgariser.
Le piège : parler à deux audiences à la fois§
Un débrief réussi navigue entre deux registres sans choisir un seul.
Audience du débrief
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Direction Équipe technique
(DSI, RSSI, (sysadmin, dev,
parfois DG) sécu)
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"Quel risque ?" "Comment c'est arrivé ?"
"Coûts ?" "Comment corriger ?"
"Priorités ?" "Reproductibilité ?"
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└─── doivent tous deux comprendre ───┘
Règle d’or : commencer business, descendre dans la technique progressivement, remonter en business pour les remédiations.
Format de l’examen PNPT§
Après les 5 jours de pentest + 2 jours de rédaction :
- Débrief de 15 minutes en visio avec les assesseurs de TCM Security
- Les assesseurs sont des pentesters seniors qui ont déjà lu ton rapport
- Ils peuvent poser des questions techniques et stratégiques
Structure type (15 min)§
1. Introduction (1–2 min)§
- Se présenter brièvement (qui tu es)
- Rappeler le scope de l’engagement (ce qu’on t’a demandé)
- Annoncer ton plan de présentation
2. Résumé exécutif (2–3 min)§
- Posture globale du client (en une phrase verdict)
- 3 risques principaux, en impact métier (pas en CVE)
- Niveau de sévérité global
Exemple de phrasing : “L’environnement présente une vulnérabilité critique : un attaquant interne, même sans privilège initial, peut prendre le contrôle complet du domaine Windows en moins de deux heures.”
3. Chemin d’attaque (5–7 min)§
C’est le cœur de la présentation. Montrer l’enchaînement complet en 5–6 étapes clés.
Recon (OSINT)
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Premier accès (vuln web ou phishing)
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Énumération interne (BloodHound)
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Élévation latérale (Kerberoasting)
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Domain Admin (DCSync)
Pour chaque étape : une slide, un screenshot clé, et l’impact (“à ce stade, l’attaquant pourrait déjà…”).
Langage : vulgariser sans simplifier à l’excès. Pas “j’ai DCSync le hash du krbtgt”, mais “j’ai extrait l’équivalent du trousseau maître du domaine, ce qui permet de générer des identifiants pour n’importe quel utilisateur”.
4. Remédiations (3–4 min)§
Présenter par priorité, avec distinction quick win vs effort long terme.
| Priorité | Délai indicatif | Exemple |
|---|---|---|
| Immédiat | Jour 1 | Désactiver LLMNR, durcir mots de passe service |
| Court terme | Semaine | Activer SMB Signing, MFA sur OWA |
| Moyen terme | Mois | Tiering AD, séparation des admin/users |
| Long terme | Trimestre | Adoption d’un PAM, refonte des comptes de service |
Montrer que tu comprends les contraintes business : on ne demande pas à une banque d’arrêter les services SMB.
5. Questions (2–3 min)§
Être prêt à justifier des choix techniques, des sévérités, et des alternatives de remédiation.
Préparer ses slides§
- PowerPoint, Slides, ou même PDF de ton rapport — peu importe l’outil
- Slides épurées : peu de texte, beaucoup de visuel
- Screenshots des moments-clés uniquement (pas tous les
nmap) - Schéma du chemin d’attaque : c’est ce qui marque le plus
- Une slide = une idée
Ce qui est évalué§
- Capacité à communiquer clairement à deux audiences
- Compréhension réelle des trouvailles (pas du copier-coller)
- Qualité et réalisme des remédiations
- Professionnalisme (langage, ton, gestion du temps)
Questions classiques à anticiper§
"Quelle est la vulnérabilité la plus critique ?"
→ Avoir une réponse claire + justification métier
"Par où commenceriez-vous la remédiation ?"
→ Hiérarchiser, expliquer pourquoi
"Combien de temps un vrai attaquant mettrait-il ?"
→ Donner une fourchette + facteurs (compétence, OSINT préalable, etc.)
"Comment avez-vous contourné l'antivirus ?"
→ Expliquer la technique sans rentrer dans le détail du shellcode
"Si on n'avait qu'un budget limité, on fait quoi ?"
→ Identifier les 1-2 actions à impact maximum
Entraînement§
- Mini exec summary après chaque lab — habituer à formaliser
- S’enregistrer en présentant : timing, tics de langage, hésitations
- Présenter à un proche non technique — s’il comprend, c’est gagné
- Préparer des cartes mentales pour le chemin d’attaque (pas du texte écrit à lire)
Pièges courants§
- Dépasser les 15 minutes : élimination quasi assurée. Pratiquer avec un chrono.
- Lire ses slides : décrédibilise immédiatement. Connaître son rapport.
- Trop technique trop vite : si tu lances “Kerberoasting” à la slide 2, tu as perdu la moitié de la salle.
- Trop business sans démonstration : à l’inverse, si tu ne montres jamais une preuve technique, les pentesters assesseurs doutent que tu aies vraiment compris.
- Ne pas avoir de remédiations : un débrief sans recommandations = livrable incomplet.
- Mauvaise gestion des questions : si tu ne sais pas, dis-le. “Je n’ai pas testé ce vecteur faute de temps” est mieux que de bluffer.
- Setup technique défaillant : tester son micro, sa webcam, sa connexion AVANT le débrief. Avoir une slide PDF en backup au cas où.