Si c'est un homme — Primo Levi
Le livre en trois phrases§
Primo Levi, chimiste juif italien, raconte son année passée à Auschwitz-Monowitz après son arrestation comme résistant en décembre 1943.
Le récit suit son arrivée au camp, le travail forcé pour l’usine de caoutchouc synthétique de la Buna, et sa survie improbable jusqu’à la libération du camp par l’Armée rouge le 27 janvier 1945.
L’écriture, presque clinique, refuse le pathos pour décrire la lente destruction de l’humain — d’où la question du titre, Se questo è un uomo.
Repères§
- Titre original : Se questo è un uomo (1947, première édition italienne chez De Silva)
- Édition française : Si c’est un homme, traduction Martine Schruoffeneger, Julliard, 1987
- Lieu : Auschwitz III-Monowitz (camp de travail rattaché au complexe d’Auschwitz, exploité par IG Farben), pas Birkenau
- Période vécue : février 1944 — janvier 1945
- Statut : Levi survit grâce à sa qualification de chimiste, qui lui vaut un travail au Laboratoire à partir de novembre 1944, et à la scarlatine qui le laisse à l’infirmerie au moment de l’évacuation du camp
Pourquoi il faut le lire§
Levi ne cherche ni à juger ni à émouvoir : il veut témoigner pour permettre de comprendre. Il distingue les “sauvés” et les “noyés”, explique la mécanique sociale du Lager, et formule l’hypothèse que le camp n’est pas une parenthèse de l’humain mais une expérience révélatrice de ce dont l’humain est capable.
Le livre est devenu, avec L’Espèce humaine de Robert Antelme (1947) et plus tard Les Bienveillantes (récit fictionnel), une référence centrale de la littérature concentrationnaire.
Suite§
Levi a poursuivi cette réflexion dans deux ouvrages :
- La Trêve (1963) — son retour vers l’Italie à travers l’Europe en ruines
- Les Naufragés et les Rescapés (1986) — quarante ans après, retour analytique sur l’expérience et la mémoire