ARP Poisoning / ARP Spoofing
L’ARP Poisoning (ou ARP Spoofing) est une attaque réseau qui consiste à envoyer de fausses réponses ARP pour se faire passer pour une autre machine — typiquement le routeur — et intercepter tout le trafic qui lui est destiné.
Pourquoi c’est possible§
Le protocole ARP n’a aucun mécanisme d’authentification. N’importe quelle machine sur le réseau peut envoyer une réponse ARP, et les autres machines la croiront sans vérification.
Ce que ça permet : l’attaque MITM§
Situation normale :
Victime ──────────────► Routeur ──► Internet
Après ARP Poisoning :
Victime ──► Attaquant ──► Routeur ──► Internet
(intercepte et relaie tout)
L’attaquant reçoit tout le trafic, peut le lire, le modifier, et le retransmettre. La victime ne voit rien d’anormal.
Déroulement de l’attaque§
1. Empoisonner le cache ARP de la victime L’attaquant envoie à la victime : “L’IP du routeur (192.168.1.1) correspond à MA MAC address”
2. Empoisonner le cache ARP du routeur L’attaquant envoie au routeur : “L’IP de la victime (192.168.1.50) correspond à MA MAC address”
3. Résultat Tout le trafic victime ↔ routeur passe par l’attaquant.
Avec Bettercap§
Bettercap est l’outil moderne pour ce type d’attaque (remplace ettercap).
# Lancer bettercap sur l'interface réseau
sudo bettercap -iface eth0
# Dans la console bettercap :
set arp.spoof.fullduplex true # Empoisonner dans les deux sens
set arp.spoof.targets 192.168.1.50 # IP de la cible (laisser vide = tout le réseau)
arp.spoof on # Lancer l'empoisonnement
# Sniffer le trafic intercepté
set net.sniff.local true
set net.sniff.verbose false
set net.sniff.output ./capture.pcap # Sauvegarder dans un fichier pcap
net.sniff on
Analyser la capture ensuite avec Wireshark :
wireshark capture.pcap
Ce qu’on peut récupérer§
| Protocole | Données récupérables |
|---|---|
| HTTP | Tout (requêtes, mots de passe, contenu) |
| DNS | Requêtes DNS (quels sites sont visités) |
| FTP, Telnet | Credentials en clair |
| HTTPS/TLS | Chiffré — illisible sauf avec SSL stripping |
SSL Stripping§
Pour contourner HTTPS, l’attaquant peut tenter un SSL Stripping : dégrader la connexion HTTPS en HTTP entre la victime et lui-même, tout en maintenant HTTPS avec le serveur.
Contre-mesure : HSTS (HTTP Strict Transport Security) — le navigateur refuse les connexions HTTP sur les domaines déclarés HSTS.
Protection§
| Mesure | Efficacité |
|---|---|
| ARP Inspection Dynamique (DAI) sur les switchs managés | Excellente |
| HTTPS / HSTS | Protège le contenu même si intercepté |
| VPN | Chiffre tout le trafic |
| 802.1X (authentification réseau) | Empêche les inconnus de se connecter |
| ARP statique | Efficace mais impossible à maintenir à grande échelle |
Cadre légal§
Cette attaque est illégale sans autorisation explicite. À utiliser uniquement :
- Sur son propre réseau / lab
- Dans le cadre d’un pentest avec autorisation écrite
- Sur des plateformes dédiées (TryHackMe, HackTheBox)