Les suites numériques sont l’un des piliers de l’analyse. Elles permettent de modéliser des phénomènes discrets (évolution d’une population, intérêts composés, algorithmes itératifs) et constituent le fondement de la notion de limite, centrale en Limites et Continuité.
Henri Poincaré
“Les mathématiques sont l’art de donner le même nom à des choses différentes.”
Une suite numérique est une application de N (ou d’une partie de N) dans R.
On la note (un)n∈N ou simplement (un).
Pour chaque entier n, le réel un est appelé le terme de rang n (ou terme général).
Le terme un est défini en fonction du ou des termes précédents, avec un premier terme donné.
Exemple
{u0=1un+1=2un+3
u0=1, u1=5, u2=13, u3=29, …
Attention
Pour une suite définie par récurrence, on ne peut pas calculer directement u100 sans avoir calculé tous les termes précédents (sauf si on trouve une formule explicite équivalente).
flowchart TD
A["On dispose d'une suite (u_n)"] --> B{"Calculer u_{n+1} - u_n"}
B -->|"Résultat = constante r"| C["Suite arithmétique<br/>de raison r"]
B -->|"Résultat non constant"| D{"u_0 ≠ 0 ?<br/>Calculer u_{n+1} / u_n"}
D -->|"Résultat = constante q"| E["Suite géométrique<br/>de raison q"]
D -->|"Résultat non constant"| F{"Poser v_n = f(u_n)<br/>et tester v_n"}
F -->|"v_n arithmétique<br/>ou géométrique"| G["Suite arithmético-<br/>géométrique<br/>ou autre transformation"]
F -->|"Aucun résultat"| H["Suite quelconque :<br/>étudier directement<br/>monotonie et limites"]
style C fill:#C8E6C9,stroke:#388E3C,color:#000
style E fill:#BBDEFB,stroke:#1565C0,color:#000
style G fill:#FFF9C4,stroke:#F9A825,color:#000
style H fill:#FFCCBC,stroke:#E64A19,color:#000
On dit que (un)converge vers un réel ℓ si les termes un se rapprochent indéfiniment de ℓ quand n devient arbitrairement grand.
On note : limn→+∞un=ℓ
Ce théorème affirme l’existence de la limite mais ne donne pas sa valeur. Pour trouver la limite, il faut souvent utiliser d’autres techniques (passage à la limite dans une relation de récurrence, par exemple).
Exemple d’application
Soit u0=1 et un+1=2+un.
1) La suite est majorée par 2 :
Si un≤2, alors un+1=2+un≤2+2=2. Par récurrence, un≤2 pour tout n.
2) La suite est croissante :un+1−un=2+un−un. On pose f(x)=2+x−x, et on montre que f(x)≥0 pour x∈[1,2].
3) Conclusion :(un) est croissante et majorée, donc elle converge.
4) Calcul de la limite : Si ℓ=limun, alors par passage à la limite :
ℓ=2+ℓ, donc ℓ2=2+ℓ, soit ℓ2−ℓ−2=0.
(ℓ−2)(ℓ+1)=0. Comme un≥1, on a ℓ=2.
Pour démontrer qu’une propriété P(n) est vraie pour tout n≥n0 :
Initialisation : Vérifier que P(n0) est vraie.
Hérédité : Supposer P(n) vraie pour un certain n≥n0 (hypothèse de récurrence) et montrer que P(n+1) est vraie.
Conclusion : Par le principe de récurrence, P(n) est vraie pour tout n≥n0.
flowchart LR
A["Initialisation<br/>Vérifier P(n₀)"] --> B["Hérédité<br/>P(n) ⟹ P(n+1)"]
B --> C["Conclusion<br/>P(n) vraie ∀ n ≥ n₀"]
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style B fill:#BBDEFB,stroke:#1565C0,color:#000
style C fill:#E1BEE7,stroke:#7B1FA2,color:#000
Exemple
Montrer que pour tout n∈N∗ : k=1∑nk2=6n(n+1)(2n+1)
Initialisation (n=1) :∑k=11k2=1 et 61×2×3=1. OK.
Hérédité : Supposons la propriété vraie au rang n. Alors :
k=1∑n+1k2=k=1∑nk2+(n+1)2=6n(n+1)(2n+1)+(n+1)2
=6n(n+1)(2n+1)+6(n+1)2=6(n+1)[n(2n+1)+6(n+1)]
=6(n+1)(2n2+7n+6)=6(n+1)(n+2)(2n+3)
C’est bien la formule au rang n+1.
Conclusion : Par récurrence, la formule est vraie pour tout n≥1.
En déduire que (un) converge et déterminer sa limite.
Correction :
Premiers termes : u0=0, u1=2, u2=38≈2,67, u3=926≈2,89. Conjecture : ℓ=3.
Récurrence :
Initialisation :u0=0∈[0,3]. OK.
Hérédité : Si 0≤un≤3, alors 0≤31un≤1, donc 2≤31un+2≤3, soit 0≤un+1≤3. OK.
un+1−un=31un+2−un=−32un+2=32(3−un).
Comme un≤3, on a un+1−un≥0. Donc (un) est croissante.
(un) est croissante et majorée par 3, donc elle converge (théorème de convergence monotone).
Soit ℓ sa limite. Par passage à la limite : ℓ=31ℓ+2, donc 32ℓ=2, d’où ℓ=3.
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