Introduction§

Le passage d’une variable à plusieurs variables est un saut conceptuel majeur. De nombreux phénomènes physiques (champs de température, de vitesse, potentiels) sont modélisés par des fonctions f:RnRpf : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p. Ce chapitre construit les outils d’analyse correspondants : dérivées partielles, différentielle, extrema.

1. Topologie de Rn\mathbb{R}^n§

1.1 Normes sur Rn\mathbb{R}^n§

Définition

On munit Rn\mathbb{R}^n des normes classiques :

  • x1=i=1nxi|x|_1 = \sum_{i=1}^n |x_i|
  • x2=(i=1nxi2)1/2|x|_2 = \left(\sum_{i=1}^n x_i^2\right)^{1/2} (norme euclidienne)
  • x=max1inxi|x|_\infty = \max_{1 \leq i \leq n} |x_i|

En dimension finie, toutes les normes sont équivalentes : elles définissent la même topologie.

1.2 Ouverts, fermés, compacts§

Définitions

Soit ARnA \subset \mathbb{R}^n.

  • AA est ouvert si pour tout xAx \in A, il existe r>0r > 0 tel que B(x,r)AB(x, r) \subset A.
  • AA est fermé si RnA\mathbb{R}^n \setminus A est ouvert, ou de manière équivalente, si AA contient toutes ses valeurs d’adhérence.
  • AA est borné si AB(0,R)A \subset B(0, R) pour un certain R>0R > 0.
  • AA est compact si AA est fermé et borné (théorème de Heine-Borel en dimension finie).
Rappel

En dimension finie : compact     \iff fermé et borné. Voir Topologie Prépa pour le cadre général des espaces métriques.

2. Limites et continuité§

2.1 Limite d’une fonction en plusieurs variables§

Définition

Soit f:URnRpf : U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p et aUa \in \overline{U}. On dit que f(x)f(x) \to \ell quand xax \to a si :

ε>0,,δ>0,,xU,xa<δ    f(x)<ε\forall \varepsilon > 0,, \exists \delta > 0,, \forall x \in U, \quad |x - a| < \delta \implies |f(x) - \ell| < \varepsilon
Attention

En dimension 2\geq 2, il ne suffit pas de vérifier la limite le long des droites passant par aa. Il faut que la limite soit la même le long de tous les chemins.

Exemple classique

f(x,y)=xyx2+y2f(x,y) = \dfrac{xy}{x^2 + y^2} pour (x,y)(0,0)(x,y) \neq (0,0).

  • Le long de y=0y = 0 : f(x,0)=00f(x, 0) = 0 \to 0.
  • Le long de y=xy = x : f(x,x)=x2/(2x2)=1/2f(x, x) = x^2/(2x^2) = 1/2.

Les limites diffèrent, donc ff n’a pas de limite en (0,0)(0,0).

2.2 Continuité§

ff est continue en aa si limxaf(x)=f(a)\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = f(a). Les opérations algébriques et la composition préservent la continuité.

Théorème des bornes atteintes

Une fonction continue sur un compact est bornée et atteint ses bornes.

3. Dérivées partielles§

3.1 Définition§

Définition

Soit f:URnRf : U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}, UU ouvert, aUa \in U. La dérivée partielle de ff par rapport à xix_i en aa est :

fxi(a)=limh0f(a1,,ai+h,,an)f(a)h\frac{\partial f}{\partial x_i}(a) = \lim_{h \to 0} \frac{f(a_1, \ldots, a_i + h, \ldots, a_n) - f(a)}{h}

si cette limite existe.

Interprétation

fxi(a)\dfrac{\partial f}{\partial x_i}(a) est la dérivée de la fonction d’une variable tf(a1,,ai1,t,ai+1,,an)t \mapsto f(a_1, \ldots, a_{i-1}, t, a_{i+1}, \ldots, a_n) en t=ait = a_i. On « gèle » toutes les variables sauf xix_i.

3.2 Calcul pratique§

Exemple

f(x,y)=x2y+sin(xy)f(x, y) = x^2 y + \sin(xy).

fx=2xy+ycos(xy),fy=x2+xcos(xy)\frac{\partial f}{\partial x} = 2xy + y\cos(xy), \qquad \frac{\partial f}{\partial y} = x^2 + x\cos(xy)
Existence des dérivées partielles ⇏\not\Rightarrow continuité

La fonction

f(x,y)={xyx2+y2si (x,y)(0,0) 0si (x,y)=(0,0)f(x,y) = \begin{cases} \dfrac{xy}{x^2+y^2} & \text{si } (x,y) \neq (0,0) \ 0 & \text{si } (x,y) = (0,0) \end{cases}

admet des dérivées partielles en (0,0)(0,0) (toutes deux nulles), mais n’est pas continue en (0,0)(0,0).

4. Gradient et Jacobienne§

4.1 Gradient§

Définition

Si f:URnRf : U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} admet toutes ses dérivées partielles en aa, le gradient de ff en aa est :

f(a)=gradf(a)=(fx1(a),,fxn(a))\nabla f(a) = \operatorname{grad} f(a) = \left(\frac{\partial f}{\partial x_1}(a), \ldots, \frac{\partial f}{\partial x_n}(a)\right)
Interprétation géométrique

Le gradient pointe dans la direction de plus grande pente de ff. Sa norme est le taux de variation maximal.

4.2 Matrice jacobienne§

Définition

Pour f=(f1,,fp):URnRpf = (f_1, \ldots, f_p) : U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p, la matrice jacobienne en aa est :

Jf(a)=(f1x1(a)f1xn(a)  fpx1(a)fpxn(a))J_f(a) = \begin{pmatrix} \dfrac{\partial f_1}{\partial x_1}(a) & \cdots & \dfrac{\partial f_1}{\partial x_n}(a) \ \vdots & \ddots & \vdots \ \dfrac{\partial f_p}{\partial x_1}(a) & \cdots & \dfrac{\partial f_p}{\partial x_n}(a) \end{pmatrix}

Si p=1p = 1, la jacobienne est le gradient (transposé en ligne). Le jacobien (déterminant de la jacobienne pour p=np = n) intervient dans les changements de variables pour les intégrales multiples.

5. Différentielle§

5.1 Définition§

Définition

f:URnRpf : U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est différentiable en aUa \in U s’il existe une application linéaire L:RnRpL : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p telle que :

f(a+h)=f(a)+L(h)+o(h)quand h0f(a + h) = f(a) + L(h) + o(|h|) \quad \text{quand } h \to 0

L’application LL est unique et s’appelle la différentielle de ff en aa, notée dfadf_a ou Df(a)Df(a).

Lien avec les dérivées partielles

Si ff est différentiable en aa, alors ff admet toutes ses dérivées partielles en aa et :

dfa(h)=i=1nfxi(a),hi=Jf(a)hdf_a(h) = \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(a),h_i = J_f(a) \cdot h

La matrice de dfadf_a dans la base canonique est la matrice jacobienne.

Réciproque

L’existence des dérivées partielles ne garantit pas la différentiabilité. Mais si les dérivées partielles existent et sont continues au voisinage de aa, alors ff est différentiable en aa.

5.2 Propriétés§

Jgf(a)=Jg(f(a))Jf(a)J_{g \circ f}(a) = J_g(f(a)) \cdot J_f(a)

6. Fonctions de classe Ck\mathcal{C}^k§

Définition

ff est de classe Ck\mathcal{C}^k sur UU si toutes ses dérivées partielles d’ordre k\leq k existent et sont continues sur UU.

6.1 Théorème de Schwarz§

Théorème (Schwarz)

Si ff est de classe C2\mathcal{C}^2 sur un ouvert UU, alors pour tous i,ji, j :

2fxixj=2fxjxi\frac{\partial^2 f}{\partial x_i \partial x_j} = \frac{\partial^2 f}{\partial x_j \partial x_i}

Les dérivées partielles d’ordre 2 commutent.

En pratique

Pour les fonctions « raisonnables » (de classe C2\mathcal{C}^2), l’ordre de dérivation n’a pas d’importance. C’est un résultat que l’on utilise constamment.

7. Formule de Taylor§

7.1 Développement de Taylor à l’ordre 1§

f(a+h)=f(a)+i=1nfxi(a),hi+o(h)f(a + h) = f(a) + \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(a),h_i + o(|h|)

7.2 Développement de Taylor à l’ordre 2§

Pour ff de classe C2\mathcal{C}^2 au voisinage de aa :

f(a+h)=f(a)+i=1nfxi(a),hi+12i,j=1n2fxixj(a),hihj+o(h2)f(a + h) = f(a) + \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(a),h_i + \frac{1}{2}\sum_{i,j=1}^n \frac{\partial^2 f}{\partial x_i \partial x_j}(a),h_i h_j + o(|h|^2)

Le terme quadratique fait intervenir la matrice hessienne.

7.3 Matrice hessienne§

Définition

La matrice hessienne de f:RnRf : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} en aa est la matrice symétrique (par Schwarz) :

Hf(a)=(2fxixj(a))1i,jnH_f(a) = \left(\frac{\partial^2 f}{\partial x_i \partial x_j}(a)\right)_{1 \leq i,j \leq n}

La forme quadratique associée q(h)=hTHf(a),hq(h) = h^T H_f(a),h détermine la nature des points critiques.

8. Extrema locaux§

8.1 Condition nécessaire§

Théorème (Condition nécessaire d’ordre 1)

Si ff admet un extremum local en aa (point intérieur à UU) et si ff est différentiable en aa, alors :

f(a)=0\nabla f(a) = 0

Un tel point est appelé point critique (ou point stationnaire).

8.2 Condition suffisante en dimension 2§

Pour f:R2Rf : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} de classe C2\mathcal{C}^2, soit (a,b)(a, b) un point critique. On note :

r=2fx2(a,b),s=2fxy(a,b),t=2fy2(a,b)r = \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(a,b), \quad s = \frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y}(a,b), \quad t = \frac{\partial^2 f}{\partial y^2}(a,b)

et Δ=rts2=detHf(a,b)\Delta = rt - s^2 = \det H_f(a,b).

Théorème (Condition suffisante)
  • Si Δ>0\Delta > 0 et r>0r > 0 : minimum local
  • Si Δ>0\Delta > 0 et r<0r < 0 : maximum local
  • Si Δ<0\Delta < 0 : point selle (pas d’extremum)
  • Si Δ=0\Delta = 0 : on ne peut pas conclure

8.3 Condition suffisante en dimension nn§

On étudie le signe de la matrice hessienne Hf(a)H_f(a) :

8.4 Stratégie de classification des points critiques (dimension 2)§

flowchart TD
    A["Trouver les points critiques\n∇f = 0"] --> B["Calculer r, s, t\net Δ = rt - s²"]
    B --> C{"Δ > 0 ?"}
    C -- Oui --> D{"r > 0 ?"}
    D -- Oui --> E["MINIMUM LOCAL"]
    D -- Non --> F["MAXIMUM LOCAL"]
    C -- Non --> G{"Δ < 0 ?"}
    G -- Oui --> H["POINT SELLE"]
    G -- Non --> I["Δ = 0\nExamen plus poussé\n(Taylor d'ordre supérieur\nou étude directe)"]

9. Extrema liés : multiplicateurs de Lagrange§

9.1 Position du problème§

On cherche les extrema de f(x)f(x) sous la contrainte g(x)=0g(x) = 0 (ou g1(x)==gk(x)=0g_1(x) = \cdots = g_k(x) = 0).

9.2 Théorème des multiplicateurs de Lagrange§

Théorème (Lagrange)

Soient f,g:RnRf, g : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} de classe C1\mathcal{C}^1. Si ff admet un extremum en aa sur l’ensemble xRn:g(x)=0{x \in \mathbb{R}^n : g(x) = 0}, et si g(a)0\nabla g(a) \neq 0, alors il existe λR\lambda \in \mathbb{R} tel que :

f(a)=λ,g(a)\nabla f(a) = \lambda,\nabla g(a)

Le réel λ\lambda est le multiplicateur de Lagrange.

Interprétation géométrique

À l’extremum, le gradient de ff est colinéaire au gradient de gg. Autrement dit, les courbes de niveau de ff sont tangentes à la courbe de contrainte g=0g = 0.

9.3 Méthode pratique§

Pour optimiser ff sous la contrainte g=0g = 0 :

  1. Résoudre le système :
{f(x)=λ,g(x) g(x)=0\begin{cases} \nabla f(x) = \lambda,\nabla g(x) \ g(x) = 0 \end{cases}

Cela donne n+1n + 1 équations à n+1n + 1 inconnues (x1,,xn,λx_1, \ldots, x_n, \lambda).

  1. Parmi les solutions, identifier les minima et maxima (par exemple en comparant les valeurs de ff, ou par un argument de compacité).
Exemple classique

Maximiser f(x,y)=xyf(x,y) = xy sous la contrainte g(x,y)=x2+y21=0g(x,y) = x^2 + y^2 - 1 = 0.

f=(y,x)\nabla f = (y, x), g=(2x,2y)\nabla g = (2x, 2y).

Système : y=2λxy = 2\lambda x, x=2λyx = 2\lambda y, x2+y2=1x^2 + y^2 = 1.

De la première : y=2λxy = 2\lambda x. Dans la deuxième : x=2λ(2λx)=4λ2xx = 2\lambda(2\lambda x) = 4\lambda^2 x. Si x0x \neq 0 : 4λ2=14\lambda^2 = 1, donc λ=±1/2\lambda = \pm 1/2.

  • λ=1/2\lambda = 1/2 : y=xy = x, avec 2x2=12x^2 = 1, soit (x,y)=(±1/2,±1/2)(x,y) = (\pm 1/\sqrt{2}, \pm 1/\sqrt{2}), f=1/2f = 1/2.
  • λ=1/2\lambda = -1/2 : y=xy = -x, soit (x,y)=(±1/2,1/2)(x,y) = (\pm 1/\sqrt{2}, \mp 1/\sqrt{2}), f=1/2f = -1/2.

Maximum : f=1/2f = 1/2, atteint en (±1/2,±1/2)(\pm 1/\sqrt{2}, \pm 1/\sqrt{2}).

10. Exercices types corrigés§

Exercice 1 : Calcul de dérivées partielles et gradient§

Énoncé

Soit f(x,y,z)=x2y,exzf(x, y, z) = x^2 y,e^{xz}. Calculer f\nabla f.

Solution.

fx=2xy,exz+x2yz,exz=xy,exz(2+xz)\frac{\partial f}{\partial x} = 2xy,e^{xz} + x^2 y \cdot z,e^{xz} = xy,e^{xz}(2 + xz) fy=x2,exz\frac{\partial f}{\partial y} = x^2,e^{xz} fz=x2yx,exz=x3y,exz\frac{\partial f}{\partial z} = x^2 y \cdot x,e^{xz} = x^3 y,e^{xz} f(x,y,z)=(xy,exz(2+xz),;x2exz,;x3y,exz)\boxed{\nabla f(x,y,z) = \left(xy,e^{xz}(2+xz),; x^2 e^{xz},; x^3 y,e^{xz}\right)}

Exercice 2 : Différentiabilité§

Énoncé

Montrer que f(x,y)=x2+y2f(x,y) = \sqrt{x^2 + y^2} n’est pas différentiable en (0,0)(0,0).

Solution.

Si ff était différentiable en (0,0)(0,0), on aurait f(h,k)=f(0,0)+ah+bk+o(h2+k2)f(h,k) = f(0,0) + ah + bk + o(\sqrt{h^2+k^2}) pour des constantes a,ba, b.

Or f(0,0)=0f(0,0) = 0 et f(h,k)=h2+k2f(h,k) = \sqrt{h^2 + k^2}, donc on aurait :

h2+k2=ah+bk+o(h2+k2)\sqrt{h^2 + k^2} = ah + bk + o(\sqrt{h^2+k^2})

Divisons par h2+k20\sqrt{h^2+k^2} \neq 0 :

1=ah+bkh2+k2+o(1)1 = \frac{ah + bk}{\sqrt{h^2+k^2}} + o(1)

Le terme ah+bkh2+k2\dfrac{ah + bk}{\sqrt{h^2+k^2}} dépend de la direction (prendre h=rcosθh = r\cos\theta, k=rsinθk = r\sin\theta, il vaut acosθ+bsinθa\cos\theta + b\sin\theta), donc il ne peut tendre vers 11 pour toute direction. Contradiction. \blacksquare

Exercice 3 : Extrema libres§

Énoncé

Trouver les extrema de f(x,y)=x3+y33xyf(x,y) = x^3 + y^3 - 3xy.

Solution.

Points critiques : f=0\nabla f = 0 :

fx=3x23y=0    y=x2\frac{\partial f}{\partial x} = 3x^2 - 3y = 0 \implies y = x^2 fy=3y23x=0    x=y2\frac{\partial f}{\partial y} = 3y^2 - 3x = 0 \implies x = y^2

En substituant : x=(x2)2=x4x = (x^2)^2 = x^4, soit x(x31)=0x(x^3 - 1) = 0. Donc x=0x = 0 ou x=1x = 1.

Points critiques : (0,0)(0, 0) et (1,1)(1, 1).

Nature : r=6xr = 6x, s=3s = -3, t=6yt = 6y, Δ=36xy9\Delta = 36xy - 9.

Exercice 4 : Multiplicateurs de Lagrange§

Énoncé

Trouver les points de la sphère x2+y2+z2=1x^2 + y^2 + z^2 = 1 les plus proches et les plus éloignés du plan x+y+z=0x + y + z = 0.

Solution.

La distance du point (x,y,z)(x,y,z) au plan x+y+z=0x+y+z=0 est x+y+z3\dfrac{|x+y+z|}{\sqrt{3}}. On optimise f(x,y,z)=x+y+zf(x,y,z) = x + y + z (puis on prendra la valeur absolue) sous g(x,y,z)=x2+y2+z21=0g(x,y,z) = x^2 + y^2 + z^2 - 1 = 0.

f=(1,1,1)\nabla f = (1, 1, 1), g=(2x,2y,2z)\nabla g = (2x, 2y, 2z).

Lagrange : 1=2λx1 = 2\lambda x, 1=2λy1 = 2\lambda y, 1=2λz1 = 2\lambda z, donc x=y=z=12λx = y = z = \dfrac{1}{2\lambda}.

Contrainte : 314λ2=13 \cdot \dfrac{1}{4\lambda^2} = 1, soit λ2=3/4\lambda^2 = 3/4, λ=±32\lambda = \pm\dfrac{\sqrt{3}}{2}.

Distance maximale : 33=1\dfrac{\sqrt{3}}{\sqrt{3}} = 1 (points ±(1/3,1/3,1/3)\pm(1/\sqrt{3}, 1/\sqrt{3}, 1/\sqrt{3})). Distance minimale : 00, atteinte sur le cercle intersection de la sphère et du plan.

Mais les extrema de ff sur la sphère sont bien ±3\pm\sqrt{3}, correspondant aux points les plus éloignés du plan, à distance 11. Les points les plus proches du plan sont ceux de l’intersection sphère/plan (distance 00), mais ce ne sont pas des extrema de ff au sens de Lagrange — ils sont dans l’ensemble g=0g = 0 avec f=0f = 0.

Exercice 5 : Règle de la chaîne§

Énoncé

Soit f(x,y)f(x,y) de classe C1\mathcal{C}^1 et g(r,θ)=f(rcosθ,rsinθ)g(r,\theta) = f(r\cos\theta, r\sin\theta) (coordonnées polaires). Exprimer gr\dfrac{\partial g}{\partial r} et gθ\dfrac{\partial g}{\partial \theta}.

Solution.

Par la règle de la chaîne avec x=rcosθx = r\cos\theta, y=rsinθy = r\sin\theta :

gr=fxcosθ+fysinθ\frac{\partial g}{\partial r} = \frac{\partial f}{\partial x}\cos\theta + \frac{\partial f}{\partial y}\sin\theta gθ=fx(rsinθ)+fy(rcosθ)\frac{\partial g}{\partial \theta} = \frac{\partial f}{\partial x}(-r\sin\theta) + \frac{\partial f}{\partial y}(r\cos\theta)

En notation vectorielle : gr=fer\dfrac{\partial g}{\partial r} = \nabla f \cdot \mathbf{e}_r et 1rgθ=feθ\dfrac{1}{r}\dfrac{\partial g}{\partial \theta} = \nabla f \cdot \mathbf{e}_\theta.

Voir aussi : Intégrales Généralisées, Topologie Prépa