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February 16, 2026

Algèbre Linéaire

L’algèbre linéaire constitue le socle fondamental des mathématiques de MPSI. Elle fournit un cadre abstrait et puissant pour l’étude des systèmes linéaires, de la géométrie et de l’analyse.

[!abstract] Programme Ce chapitre couvre : espaces vectoriels, sous-espaces vectoriels, bases et dimension, applications linéaires, théorème du rang, somme directe et supplémentaires, projecteurs et symétries.

1. Espaces vectoriels§

1.1 Définition axiomatique§

[!abstract] Définition — Espace vectoriel Soit $K$ un corps (typiquement $\mathbb{R}$ ou $\mathbb{C}$). Un $K$-espace vectoriel est un ensemble $E$ muni de deux lois :

vérifiant les axiomes suivants pour tous $u, v, w \in E$ et $\lambda, \mu \in K$ :

(A1) $(u + v) + w = u + (v + w)$ (associativité) (A2) $u + v = v + u$ (commutativité) (A3) $\exists, 0_E \in E,; u + 0_E = u$ (élément neutre) (A4) $\exists, (-u) \in E,; u + (-u) = 0_E$ (symétrique) (S1) $\lambda \cdot (\mu \cdot u) = (\lambda \mu) \cdot u$ (S2) $1_K \cdot u = u$ (D1) $\lambda \cdot (u + v) = \lambda \cdot u + \lambda \cdot v$ (D2) $(\lambda + \mu) \cdot u = \lambda \cdot u + \mu \cdot u$

1.2 Exemples fondamentaux§

EspaceCorpsDescription
$\mathbb{R}^n$$\mathbb{R}$$n$-uplets de réels
$K[X]$$K$Polynômes à coefficients dans $K$
$K_n[X]$$K$Polynômes de degré $\leq n$
$\mathcal{M}_{n,p}(K)$$K$Matrices $n \times p$
$\mathcal{F}(E, K)$$K$Fonctions de $E$ dans $K$
$\mathcal{C}^0([a,b], \mathbb{R})$$\mathbb{R}$Fonctions continues sur $[a,b]$

[!example] Exemple L’espace $\mathbb{R}^3$ est un $\mathbb{R}$-espace vectoriel avec les opérations : $$(x_1, y_1, z_1) + (x_2, y_2, z_2) = (x_1 + x_2, y_1 + y_2, z_1 + z_2)$$ $$\lambda \cdot (x, y, z) = (\lambda x, \lambda y, \lambda z)$$

[!warning] Attention $\mathbb{R}$ est un $\mathbb{Q}$-espace vectoriel (de dimension infinie !), mais $\mathbb{Q}$ n’est pas un $\mathbb{R}$-espace vectoriel (la multiplication d’un rationnel par un irrationnel sort de $\mathbb{Q}$).

1.3 Propriétés élémentaires§

Pour tout espace vectoriel $E$ sur $K$ :

2. Sous-espaces vectoriels§

2.1 Définition et caractérisation§

[!abstract] Définition — Sous-espace vectoriel Soit $E$ un $K$-espace vectoriel. Un sous-ensemble $F \subset E$ est un sous-espace vectoriel (sev) de $E$ si :

  1. $F \neq \varnothing$ (en pratique, $0_E \in F$)
  2. $F$ est stable par combinaison linéaire : $\forall, u, v \in F,; \forall, \lambda, \mu \in K,; \lambda u + \mu v \in F$

[!tip] Caractérisation pratique (en une condition) $F$ est un sev de $E$ si et seulement si :

2.2 Opérations sur les sous-espaces vectoriels§

[!abstract] Théorème — Intersection de sev L’intersection d’une famille quelconque de sous-espaces vectoriels de $E$ est un sous-espace vectoriel de $E$.

[!warning] Attention La réunion de deux sev n’est en général pas un sev. Par exemple, dans $\mathbb{R}^2$, l’axe des abscisses $\cup$ l’axe des ordonnées n’est pas un sev (le vecteur $(1,0) + (0,1) = (1,1)$ n’y appartient pas).

Sous-espace engendré. Soit $S \subset E$ une partie. Le sous-espace vectoriel engendré par $S$ est : $$\text{Vect}(S) = \bigcap_{\substack{F \text{ sev de } E \ S \subset F}} F = \left{ \sum_{i=1}^{p} \lambda_i s_i ;\middle|; p \in \mathbb{N}^*,; \lambda_i \in K,; s_i \in S \right}$$

2.3 Somme de sous-espaces vectoriels§

[!abstract] Définition — Somme Soient $F_1, F_2$ deux sev de $E$. La somme $F_1 + F_2$ est : $$F_1 + F_2 = {u_1 + u_2 \mid u_1 \in F_1,; u_2 \in F_2}$$ C’est le plus petit sev contenant $F_1$ et $F_2$.

[!abstract] Formule de Grassmann $$\dim(F_1 + F_2) = \dim(F_1) + \dim(F_2) - \dim(F_1 \cap F_2)$$

3. Familles de vecteurs§

3.1 Combinaisons linéaires§

Une combinaison linéaire des vecteurs $v_1, \ldots, v_p$ est un vecteur de la forme $\lambda_1 v_1 + \cdots + \lambda_p v_p$ avec $\lambda_i \in K$.

3.2 Famille libre§

[!abstract] Définition — Famille libre Une famille $(v_1, \ldots, v_p)$ de vecteurs de $E$ est libre (ou linéairement indépendante) si : $$\lambda_1 v_1 + \cdots + \lambda_p v_p = 0_E \implies \lambda_1 = \cdots = \lambda_p = 0$$

3.3 Famille génératrice§

[!abstract] Définition — Famille génératrice $(v_1, \ldots, v_p)$ est génératrice de $E$ si $\text{Vect}(v_1, \ldots, v_p) = E$, i.e. tout vecteur de $E$ s’écrit comme combinaison linéaire des $v_i$.

3.4 Base§

[!abstract] Définition — Base Une base de $E$ est une famille à la fois libre et génératrice. Tout vecteur $u \in E$ s’écrit alors de manière unique : $$u = \lambda_1 v_1 + \cdots + \lambda_n v_n$$ Les scalaires $\lambda_1, \ldots, \lambda_n$ sont les coordonnées de $u$ dans la base $(v_1, \ldots, v_n)$.

[!example] Exemples de bases

4. Dimension§

4.1 Théorème fondamental§

[!abstract] Théorème — Invariance de la dimension Toutes les bases d’un espace vectoriel de dimension finie ont le même nombre d’éléments. Ce nombre s’appelle la dimension de $E$, notée $\dim(E)$ ou $\dim_K(E)$.

4.2 Résultats clés§

Soit $E$ un $K$-espace vectoriel de dimension $n$.

PropriétéÉnoncé
Famille libreAu plus $n$ vecteurs
Famille génératriceAu moins $n$ vecteurs
BaseExactement $n$ vecteurs
Libre de $n$ vecteursAutomatiquement base
Génératrice de $n$ vecteursAutomatiquement base

4.3 Théorème de la base incomplète§

[!abstract] Théorème de la base incomplète Soit $E$ un espace vectoriel de dimension finie $n$.

  1. Toute famille libre peut être complétée en une base de $E$.
  2. De toute famille génératrice, on peut extraire une base de $E$.

[!tip] Esquisse de preuve (complétion) Soit $(v_1, \ldots, v_p)$ une famille libre avec $p < n$. Si elle n’est pas génératrice, $\exists, v_{p+1} \in E \setminus \text{Vect}(v_1, \ldots, v_p)$. Alors $(v_1, \ldots, v_{p+1})$ est libre. On itère. En au plus $n - p$ étapes, on obtient une famille libre de $n$ vecteurs, donc une base.

4.4 Dimension d’un sous-espace vectoriel§

[!abstract] Théorème Soit $F$ un sev de $E$ avec $\dim(E) = n$ :

5. Applications linéaires§

5.1 Définition§

[!abstract] Définition — Application linéaire Soient $E, F$ deux $K$-espaces vectoriels. Une application $f : E \to F$ est linéaire si : $$\forall, u, v \in E,; \forall, \lambda \in K,\quad f(\lambda u + v) = \lambda f(u) + f(v)$$

Notations : $\mathcal{L}(E, F)$ désigne l’ensemble des applications linéaires de $E$ dans $F$. On note $\mathcal{L}(E) = \mathcal{L}(E, E)$ l’algèbre des endomorphismes.

NomType
Endomorphisme$f : E \to E$
Isomorphisme$f$ linéaire et bijective
AutomorphismeEndomorphisme bijectif
Forme linéaire$f : E \to K$

5.2 Noyau et image§

[!abstract] Définition Soit $f \in \mathcal{L}(E, F)$ :

[!important] Injectivité et noyau $f$ est injective $\iff$ $\ker(f) = {0_E}$

5.3 Détermination d’une application linéaire par les images d’une base§

[!abstract] Théorème Soit $(e_1, \ldots, e_n)$ une base de $E$ et $f_1, \ldots, f_n \in F$ des vecteurs quelconques. Alors il existe une unique application linéaire $f : E \to F$ telle que $f(e_i) = f_i$ pour tout $i$.

Ce théorème montre qu’une application linéaire est entièrement déterminée par les images des vecteurs d’une base.

6. Théorème du rang§

[!abstract] Théorème du rang Soit $f \in \mathcal{L}(E, F)$ avec $E$ de dimension finie. Alors $\text{Im}(f)$ est de dimension finie et : $$\boxed{\dim(E) = \dim(\ker f) + \dim(\text{Im}, f)}$$ Le rang de $f$ est $\text{rg}(f) = \dim(\text{Im}, f)$.

[!tip] Esquisse de preuve Soit $(e_1, \ldots, e_p)$ une base de $\ker(f)$. Par la base incomplète, on la complète en une base $(e_1, \ldots, e_p, e_{p+1}, \ldots, e_n)$ de $E$. On montre que $(f(e_{p+1}), \ldots, f(e_n))$ est une base de $\text{Im}(f)$.

Liberté : Si $\sum_{i=p+1}^n \lambda_i f(e_i) = 0$, alors $f!\left(\sum \lambda_i e_i\right) = 0$, donc $\sum \lambda_i e_i \in \ker(f)$, d’où $\sum \lambda_i e_i = \sum_{j=1}^p \mu_j e_j$. Par liberté de la base, $\lambda_i = 0$ pour tout $i$.

Génération : Tout $y \in \text{Im}(f)$ s’écrit $y = f!\left(\sum_{i=1}^n \alpha_i e_i\right) = \sum_{i=p+1}^n \alpha_i f(e_i)$.

Conclusion : $\dim(\text{Im},f) = n - p$, d’où le résultat.

[!example] Application Soit $f : \mathbb{R}^3 \to \mathbb{R}^2$ définie par $f(x, y, z) = (x + y, y + z)$.

6.1 Conséquences§

[!important] Corollaire — Bijectivité en dimension finie Soit $f \in \mathcal{L}(E, F)$ avec $\dim(E) = \dim(F) = n$. Alors : $$f \text{ injective} \iff f \text{ surjective} \iff f \text{ bijective}$$

7. Isomorphismes§

[!abstract] Définition Un isomorphisme est une application linéaire bijective. Deux espaces sont isomorphes s’il existe un isomorphisme entre eux.

[!abstract] Théorème Deux $K$-espaces vectoriels de dimension finie sont isomorphes si et seulement s’ils ont la même dimension.

En particulier, tout $K$-espace vectoriel de dimension $n$ est isomorphe à $K^n$.

8. Somme directe et supplémentaires§

8.1 Somme directe§

[!abstract] Définition — Somme directe La somme $F_1 + F_2$ est directe (notée $F_1 \oplus F_2$) si : $$F_1 \cap F_2 = {0_E}$$ Cela signifie que tout élément de $F_1 + F_2$ s’écrit de manière unique comme $u_1 + u_2$ avec $u_1 \in F_1$ et $u_2 \in F_2$.

8.2 Sous-espaces supplémentaires§

[!abstract] Définition — Supplémentaires $F_1$ et $F_2$ sont supplémentaires dans $E$ si $E = F_1 \oplus F_2$, i.e. : $$F_1 + F_2 = E \quad \text{et} \quad F_1 \cap F_2 = {0_E}$$

En dimension finie : $E = F_1 \oplus F_2 \iff \dim(F_1) + \dim(F_2) = \dim(E)$ et $F_1 \cap F_2 = {0}$.

[!abstract] Théorème — Existence de supplémentaires En dimension finie, tout sous-espace vectoriel admet (au moins) un supplémentaire.

[!warning] Attention Le supplémentaire n’est pas unique en général. Par exemple dans $\mathbb{R}^2$, toute droite passant par l’origine est un supplémentaire de toute autre droite distincte passant par l’origine.

8.3 Somme directe de plusieurs sous-espaces§

La somme $F_1 + F_2 + \cdots + F_p$ est directe si tout vecteur de la somme admet une unique décomposition. Caractérisation : $$F_1 + \cdots + F_p \text{ est directe} \iff \forall, i,; F_i \cap \left(\sum_{j \neq i} F_j\right) = {0}$$

9. Projecteurs et symétries§

9.1 Projecteurs§

[!abstract] Définition — Projecteur Soit $E = F_1 \oplus F_2$. Le projecteur sur $F_1$ parallèlement à $F_2$ est l’endomorphisme $p$ tel que pour tout $u = u_1 + u_2$ (avec $u_1 \in F_1$, $u_2 \in F_2$) : $$p(u) = u_1$$

Caractérisation : $p \in \mathcal{L}(E)$ est un projecteur $\iff$ $p^2 = p$ (idempotent).

Propriétés :

9.2 Symétries§

[!abstract] Définition — Symétrie Soit $E = F_1 \oplus F_2$. La symétrie par rapport à $F_1$ parallèlement à $F_2$ est l’endomorphisme $s$ tel que pour $u = u_1 + u_2$ : $$s(u) = u_1 - u_2$$

Caractérisation : $s \in \mathcal{L}(E)$ est une symétrie $\iff$ $s^2 = \text{Id}_E$ (involution).

Lien projecteur-symétrie : $s = 2p - \text{Id}_E$ et $p = \frac{1}{2}(\text{Id}_E + s)$.

10. Vue d’ensemble : relations entre les concepts§

graph TD
    EV["Espace vectoriel E"] --> SEV["Sous-espace vectoriel F ⊂ E"]
    EV --> FAM["Familles de vecteurs"]
    FAM --> LIB["Famille libre"]
    FAM --> GEN["Famille génératrice"]
    LIB --> BASE["Base"]
    GEN --> BASE
    BASE --> DIM["Dimension dim(E)"]

    EV --> AL["Application linéaire f : E → F"]
    AL --> KER["Noyau ker(f)"]
    AL --> IM["Image Im(f)"]
    KER --> SEV
    KER --> RANG["Théorème du rang<br>dim E = dim ker f + rg f"]
    IM --> RANG

    SEV --> SOMME["Somme F₁ + F₂"]
    SEV --> INTER["Intersection F₁ ∩ F₂"]
    SOMME --> SD["Somme directe F₁ ⊕ F₂"]
    SD --> SUPP["Supplémentaires<br>E = F₁ ⊕ F₂"]
    SUPP --> PROJ["Projecteur p² = p"]
    SUPP --> SYM["Symétrie s² = Id"]

    DIM --> GRASS["Formule de Grassmann"]
    INTER --> GRASS
    SOMME --> GRASS

    AL --> ISO["Isomorphisme<br>(bijectif)"]
    DIM --> ISO

    style EV fill:#4a90d9,stroke:#333,color:#fff
    style BASE fill:#e67e22,stroke:#333,color:#fff
    style RANG fill:#e74c3c,stroke:#333,color:#fff
    style SUPP fill:#2ecc71,stroke:#333,color:#fff
    style DIM fill:#9b59b6,stroke:#333,color:#fff

11. Exercices types corrigés§

Exercice 1 : Montrer qu’un ensemble est un sev§

[!example] Énoncé Soit $F = {(x, y, z) \in \mathbb{R}^3 \mid x + 2y - z = 0}$. Montrer que $F$ est un sev de $\mathbb{R}^3$, en déterminer une base et la dimension.

Solution :

1) $F$ est un sev. On vérifie :

Donc $F$ est un sev de $\mathbb{R}^3$.

2) Base et dimension. De $x + 2y - z = 0$, on tire $x = -2y + z$. Donc : $$(x, y, z) = (-2y + z,; y,; z) = y(-2, 1, 0) + z(1, 0, 1)$$

La famille ${(-2, 1, 0),; (1, 0, 1)}$ est génératrice de $F$. Elle est libre car les deux vecteurs ne sont pas colinéaires. C’est donc une base de $F$, et $\dim(F) = 2$.

Exercice 2 : Application du théorème du rang§

[!example] Énoncé Soit $f : \mathbb{R}^4 \to \mathbb{R}^3$ définie par $f(x,y,z,t) = (x+y+z, 2x+y+t, x-z+t)$. Déterminer $\ker(f)$, $\text{Im}(f)$, et le rang de $f$.

Solution :

Noyau : On résout $f(x,y,z,t) = (0,0,0)$ : $$\begin{cases} x + y + z = 0 \ 2x + y + t = 0 \ x - z + t = 0 \end{cases}$$

$L_2 \leftarrow L_2 - 2L_1$ : $-y - 2z + t = 0$ $L_3 \leftarrow L_3 - L_1$ : $-y - 2z + t = 0$

$L_3$ est identique à $L_2$, donc le système se réduit à : $$\begin{cases} x + y + z = 0 \ -y - 2z + t = 0 \end{cases}$$

On paramètre par $z = s$ et $t = r$ :

Donc $\ker(f) = {(s-r, -2s+r, s, r) \mid s, r \in \mathbb{R}} = \text{Vect}((1,-2,1,0), (-1,1,0,1))$.

$\dim(\ker f) = 2$.

Théorème du rang : $\text{rg}(f) = \dim(\mathbb{R}^4) - \dim(\ker f) = 4 - 2 = 2$.

Donc $\text{Im}(f)$ est un sous-espace de dimension $2$ de $\mathbb{R}^3$. On peut vérifier que $\text{Im}(f) = \text{Vect}(f(1,0,0,0), f(0,1,0,0)) = \text{Vect}((1,2,1), (1,1,-1))$.

Exercice 3 : Projecteur§

[!example] Énoncé Dans $\mathbb{R}^3$, soit $F = \text{Vect}((1,1,0), (0,1,1))$ et $G = \text{Vect}((1,0,-1))$. Montrer que $\mathbb{R}^3 = F \oplus G$ et déterminer le projecteur sur $F$ parallèlement à $G$.

Solution :

Somme directe : $\dim(F) = 2$, $\dim(G) = 1$, et $\dim(F) + \dim(G) = 3 = \dim(\mathbb{R}^3)$. Il suffit de vérifier que $F \cap G = {0}$.

Si $v \in F \cap G$, alors $v = \alpha(1,1,0) + \beta(0,1,1) = \gamma(1,0,-1)$, ce qui donne : $$\begin{cases} \alpha = \gamma \ \alpha + \beta = 0 \ \beta = -\gamma \end{cases}$$

De $\alpha = \gamma$ et $\beta = -\gamma$ : $\alpha + \beta = \gamma - \gamma = 0$ (cohérent). Mais $\alpha = \gamma$ et $\beta = -\alpha$, et la deuxième équation donne $0 = 0$. Il faut un calcul plus fin.

Reprenons : $(\alpha, \alpha + \beta, \beta) = (\gamma, 0, -\gamma)$. Donc $\alpha = \gamma$, $\alpha + \beta = 0$ d’où $\beta = -\alpha = -\gamma$. Et $\beta = -\gamma$ est cohérent. Donc les trois vecteurs forment un système lié ? Non : il faut vérifier si le déterminant est nul.

$$\det\begin{pmatrix} 1 & 0 & 1 \ 1 & 1 & 0 \ 0 & 1 & -1 \end{pmatrix} = 1(-1-0) - 0(-1-0) + 1(1-0) = -1 + 1 = 0$$

Le déterminant est nul. Les trois vecteurs sont liés, donc $F \cap G \neq {0}$. Prenons plutôt $G = \text{Vect}((1, 0, 0))$.

$$\det\begin{pmatrix} 1 & 0 & 1 \ 1 & 1 & 0 \ 0 & 1 & 0 \end{pmatrix} = 1(0-0) - 0(0-0) + 1(1-0) = 1 \neq 0$$

Donc $\mathbb{R}^3 = F \oplus G$ avec $G = \text{Vect}((1,0,0))$.

Projecteur : Soit $u = (x,y,z) \in \mathbb{R}^3$. On cherche $u = u_F + u_G$ avec $u_F \in F$ et $u_G \in G$ : $$u_F = \alpha(1,1,0) + \beta(0,1,1), \quad u_G = \gamma(1,0,0)$$

$$\begin{cases} \alpha + \gamma = x \ \alpha + \beta = y \ \beta = z \end{cases}$$

D’où $\beta = z$, $\alpha = y - z$, $\gamma = x - y + z$. Donc : $$p(x,y,z) = u_F = (y-z, y, z)$$

Vérification : $p^2(x,y,z) = p(y-z, y, z) = (y-z, y, z) = p(x,y,z)$. C’est bien un projecteur.

Liens§

—The Gardener